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Le désir-attachement

Mes chers amis,


Dans les méditations, il est souvent question du désir et de l'attachement. Il y a parfois une compréhension inadaptées de ces termes qui aboutit à un rejet du désir et de l'attachement, plutôt qu'à une compréhension profonde de ce qu'ils sont qui permet leur dissolution.


J'avais envie de partager avec vous ce qu'en dit Jigmé Rinpoché, le directeur spirituel du centre de Dhagpo Kagyu Ling en Dordogne dans un petit livret "La méditation mot à mot" qu'il a publié en décembre 2010 pour nous aider à avoir une compréhension plus profonde de la méditation.


Je vous souhaite à tous une très belle journée et peut-être à ce soir à 19h50 à Sainte Pezenne pour la méditation. Je vous signale déjà que la semaine prochaine, le mardi 6 décembre, je serai absent et la méditation sera partagée par Alain Perault que je remercie d'avance.


Philippe




« Nyonmong » est un terme générique sanskrit qui recouvre notamment l’aspect du désir–attachement. Il désigne le désir irrésistible orienté vers un support ou un objet, qui par la suite deviendra attachement. Désirer quelque chose n’est ni négatif ni positif en soi, il ne s’agit donc pas d’une émotion négative, car à ce stade rien ne s’est encore produit.

L’attachement est une saisie de l’esprit et en fonctionnement samsarique normal. Quand nous suivons ce que nous aimons, naît tout d’abord un désir, puis un second concept apparaît dans l’esprit : celui de l’attachement. Nous voulons l’objet de notre focalisation, mais une peur se greffe aussi sur ce désir, celle de ne pas arriver à le satisfaire ou de perdre son objet. Le travail consiste donc à analyser comment, sur la base du désir–attachement, un grand nombre d’autres agitations mentales apparaissent (peur, inquiétude, colère, etc.).

Le désir–attachement ne nous conduira pas à agir de façon totalement néfaste, mais notre action subira d’autant plus son influence que ce désir sera fort. Il s’agit de réfléchir en quoi l’ensemble devient néfaste. Un raisonnement doit être ici appliqué pour acquérir une meilleure compréhension. Grâce à cette dernière, les émotions ou les concepts seront reconnus lorsqu’ils émergeront dans l’esprit ; nous n’en serons pas pour autant libérés, mais nous parviendrons à ne pas subir leur influence, et donc à ne pas agir de manière néfaste pour nous-mêmes et pour les autres. Personne ne peut vivre sans attachement, c’est le propre même du monde dans lequel nous évoluons, toutefois l’esprit ne sera plus perturbé par son influence. Parvenir à ce résultat demande une réflexion sincère, car il reste difficile d’intégrer ce processus dans toute sa subtilité ; le danger est de rester un niveau superficiel de ce fonctionnement que nous connaissons et dont nous avons l’habitude. Une imprégnation intime offrira davantage de clarté, ce qui permettra d’accueillir les situations plus simplement et plus facilement.


Le texte de l’entraînement de l’esprit explique :


Le remède lui-même se libère spontanément.


Cette phrase signifie qu’il n’y a en fait aucun besoin d’antidote : notre propre sagesse clarifie nos défauts. Aucun antidote spécifique ne doit être appliqué, car le travers se dissout de lui-même sur la base de cette claire compréhension.

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Merci pour ce partage très éclairant.

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